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Nov 19 2018

Theresa Tharcher ou Magaret May ?

Qu’on soit anglophile ou non, force est de constater que la 1ère Ministre britannique a du cran….et de l’endurance.

Depuis des semaines elle rame, dehors et dedans, pour obtenir un accord qui permette à la GB de garder le maximum de ce qu’elle peut des avantages de l’UE sans devoir faire payer à son pays le prix d’un isolement complet du marché européen.


Pas facile parce qu’en face, contrairement à ce qu’on aurait pu croire et à ce qu’elle-même avait susurré il y a encore quelques semaine « les Européens lâchent toujours au dernier moment », les-dits ont maintenu une cohésion sans faille. Grâce, dit-on, entre autres, à la manière dont Michel Barnier, a géré l’info et les prises de décision entre les 27. Aujourd’hui, le résultat est ce qu’il est : un projet d’accord qui permet de garder un pied dedans, sans défavoriser l’Irlande du Sud et surtout avec un mécanisme de gestion des conflits prévisibles dans lequel l’Union Européenne n’abandonne aucune prérogative de son système juridique.


Mais le problème n’est pas là. La confusion et, on peut même le dire, la convoitise pour le pouvoir est telle parmi eux, qu’aujourd’hui, à droite comme à gauche, tout est bon pour se saisir du prétexte du projet d’accord pour faire tomber le gouvernement et sa 1ère Ministre.

Pour un Boris Johnson, on le sait depuis longtemps mais quand on voit un Jeremy Corbin déclarer que rien n’est bon valable dans ce texte et qu’il est bon à jeter, on ne peut qu’être confondu de tant d’aveuglement pour un simple but : ravir le pouvoir à Theresa May.

 

Et après ? Qui peut croire et faire croire qu’un nouveau gouvernement, si tant est qu’il puisse voir le jour, arracherait une réouverture des négociations avec l’UE ?

Tout porte à croire que faire campagne sur ce point c’est conduire le peuple britannique droit dans le mur d’un hard Brexit, sans aucun accord. Certes perdant-perdant pour nous aussi, mais, même dans cette configuration, il y en a toujours un qui perd plus que l’autre. Dans l’état actuel des choses, c’est clair, ce sont les entreprises, les institutions financières, l’économie tout entière, bref l’ensemble du peuple britannique, les classes moyennes et défavorisés en premier lieu à cause de la perte de pouvoir d’achat. On est confondu que même un homme qui se dit de gauche comme Corbyn fasse passer son appétit pour le pouvoir avant l’intérêt de son électorat.

Great Britain first est-il un slogan suffisamment populaire pour se laisser gagner par une telle chimère d’un autre âge ? On espère que non et on espère que le positionnement quasi-gaullien de la 1ère Ministre, se plaçant au-dessus des intérêts partisans et même de sa personne aura l’écho qu’il mérite auprès de ses concitoyens. Que l’électeur britannique de base saura secouer ses élus pour les ramener aux réalités de la vie quotidienne plutôt que prioriser leurs jeux de pouvoir au détriment des difficultés qu’ils vivent.


En tout cas, quel que soit l’issue, il faut tirer notre chapeau à celle, qui fait ici autant, sinon mieux, que Thatcher, en moins féroce, en plus social.

Évidemment nous n’avons pas à mêler des affaires des autres. Mais là, ce sont les nôtres aussi qui sont en jeu. C’est pourquoi on doit dire « Good Luck Mrs May » et, le cas échéant, la soutenir, autant que faire se peut.

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