Archive mensuelles: juin 2018

Juin 26 2018

L’immigration sans mièvrerie ni larmoiement

C’est de Eric Le Boucher dans les Echos du vendredi 25 juin Merci à lui de nous d’aider à comprendre les causes et pas seulement de s’arrêter aux mises en scène devant les caméras

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canotLe 17 février 1600, un ancien moine franciscain, érudit, est supplicié avec raffinement puis finalement brûlé. Le crime de Giordano Bruno ? Avoir soutenu que la terre n’était pas plate et que le monde était infini. Hérésie, blasphème insupportable pour la Papauté et son outil l’Inquisition, l’absolutisme moral de l’époque.

Le post suivant a édité le 15 juin. Il faut lire les commentaires…. Comme on n’y parle pas des faits mais de l’outrecuidance à les évoquer, j’y reviens à partir du début et le complète.

“Est-il vrai que l’Aquarius donne ses points de RV aux passeurs ? La réponse à la question, pourtant posée, est benoîtement escamotée dans les bonnes gazettes. Parce que si c’est le cas, il faut être clair : ils en sont complices. Ce n’est plus de l’humanitaire, c’est proprement de la contribution à un trafic d’êtres humains ignoble mais très lucratif. On aimerait également savoir comment une organisation de ce type peut s’acheter des navires, pourvoir à leur fonctionnement, payer leurs équipages, organiser les coordinations avec les nuées de journalistes qui les suivent pour les 20h TV chaque soir ? Et on aimerait avoir autre chose comme réponse que des indignations offusquées qui, sous couvert de flots de bons sentiments, empêchent de s’occuper sérieusement, c’est à dire politiquement, de la question.”
Après avoir échangé avec un bon ami, connaisseur des choses de la mer, ancien capitaine au long cours pendant des années, il faut y rajouter quelques éléments troublants.

Selon ses informations, chaque embarcation de réfugiés qui arrive entre les mains d’autorités italiennes ou grecque est systématiquement détruite. Cela diminue-t-il leur nombre au départ ? Cela ne semble pas en tout cas.
D’autant que, puisque la source des épaves de bateaux de pêche libyens est depuis longtemps asséché, les pneumatiques qui ont pris le relais ont même amélioré les conditions : ils sont plus grands, récents, en bon état, quasi neufs.
Clairement et nettement, pour les spécialistes interrogés, il s’agit d’engins très coûteux, au départ destinés aux armées, notamment pour la réalisation de ponts flottants.
Si on y ajoute le prix du ou des moteurs, ce n’est manifestement pas à la portée d’amateurs.
On peut légitimement se demander comment un pays dévasté comme la Libye peut organiser un tel approvisionnement, une telle préparation qui demandent de tels financements.

Alors qui paye et qui de sommes-nous complices ? De trafiquants internationaux, de pays-voyous et dans ce cas lesquels ?

De tels trafics, de telles organisations demandent des moyens. Ils laissent forcément des traces et ont besoin d’infrastructures. Comment se fait-il qu’il n’y ait aucune enquête, aucune alerte, officielle ou non, de Tracfin ou autre Anticor, sur ce sujet pour lequel, cependant, l’Union et les gouvernements dépensent beaucoup ?

Pourquoi se fait-il qu’aucune émission TV faisant leurs choux gras du déversement de scandales plus ou moins avérés, n’ait jamais fait un début d’enquête sur le sujet ?

Pourquoi se permettre d’aborder le sujet et poser simplement des questions suscitent de tels rejets et opprobres alors que le déversement de bons sentiments matraque matin, midi et soir sur les TV, dans les gazettes, les talkshows du jour et de la nuit ?

Évidemment on ne peut s’empêcher de penser qu’ainsi chacun y trouve son compte pour se déculpabiliser. Les bataillons de journalistes justiciers abreuvés de séries télés policières, et maintenant équipés de « cellules d’investigation », peuvent ainsi considérer, dire et faire reconnaître, qu’ils ont bien leur devoir en s’étant contenté d’alerter.

L’auditeur téléspectateur moyen y trouve sa dose de commisération journalière. Et enfin l’audimat, qui marche à l’émotion, peut satisfaire les réalisateurs et surtout les annonceurs des coupures qui se succèdent entre les flashes des infos continues.

Il faut être clair : on ne réglera pas les questions posées par l’immigration en campant sur le bon sentiment et en augmentant à chaque fois le degré des admonestations à la population.

Il faut remonter aux causes de l’émigration africaine, noire. Car, en passant il faut être clair, la justification des réfugiés des guerres syriens ne tient plus la route. Un coup d’œil aux photos des récentes arrivées suffit d’ailleurs à le montrer.

Ces causes sont connues pour ce continent pourtant doté d’une richesse reconnue par tous : des gouvernants qui se comportent comme des roitelets de principautés médiévales, des chefs de clans qui continuent à se battre à mort les uns contre les autres, et surtout une natalité sans contrôle où les femmes sont astreintes à mettre au monde de 4 à 8 enfants en moyenne.

Quand aura-t-on des émissions sérieuses sur ces sujets ? Quand aurons-nous des gouvernements qui exigeront que les dirigeants africains prennent leurs responsabilités ? Quand l’Union Européenne mettra-t-elle autant de moyen pour l’éducation des femmes et le contrôle des naissances en Afrique que pour les Aquarius de fin de parcours.Engraving_of_First_Vatican_Council

Aujourd’hui, en occident au moins on ne brûle plus, mais quand l’Eglise, plutôt que d’en rajouter dans la commisération sur le sort des exilés, acceptera-t-elle de sortir de son dogme d’infaillibilité pour enfin les y aider.