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Fév 28 2018

Les Africains sont-ils capables de se gouverner ?

Evidemment la question est éminemment, politiquement, incorrecte. Limite, ou même plus, que supportable, par des centaines de cercles bien pensants ou masochistes repentants à court dHistoire cependant disponible.

Et pourtant, l’article ci-contre d’un journaliste congolais, réfugié politique en France, est explicite et nous oblige bien à nous poser la question.

Une seule donnée qu’il nous livre, peu sinon pas médiatisée, devrait suffire à secouer les refus à regarder les réalités: sur 55 pays existants en Afrique, seuls « une poignée » peuvent êtrcapturee considérés comme démocratiques, et ce, encore d’une façon « incomplète ». Une poignée, et plus précisément 6 sur 54 selon la liste et la catégorisation établies par Freedomhouse. Il s’agit de l’Afrique du Sud, du Botswana, de la Namibie, du Ghana, du Sénégal et la Tunisie.

Et encore, selon cette organisation, les deux premières doivent être considérées comme des « démocraties défectueuses » les quatre autres étant considérées comme « imparfaites ».

La carte ci-contre est suffisamment claire pour ne pas en rajouter.
A ce stade, rappelons qu’il s’agit d’un regard et d’observations fournis par un citoyen africain lui-même, peu suspect de méconnaissance de son continent.

emigrationOn ne peut pas s’empêcher de les rapprocher d’autres grandes observations: le nombre, l’importance et la durée des conflits internes notamment : le Soudan du Nord, puis du Sud puis le Somaliland, l’Ethiopie, les territoires dissidents du Mali, du Niger, puis maintenant du Nigéria et du Cameroun. Sans parler de l’Uganda, du Burundi, de la RDC livrée aux seigneurs de la guerre depuis des années

Bref, des conflits qui durent depuis des années et n’en finissent pas de décider des bataillons entiers de jeunes et de moins jeunes à fuir pour tenter de vivre ailleurs comme on le voit sur la carte ci-contre des circuits d’émigration .

Dernière série de remarques : l’Afrique a une vitalité démographique certaine, à tel point qu’on considère qu’elle deviendra le continent le plus peuplé au cours de ce siècle. De plus, elle présente même un taux de progression économique époustouflant : près de 6% chaque année en moyenne depuis 15 ans par exemple.

Bref, une richesse en ressources et en hommes qui lui permettent, bon an mal de créer au moins 4 fois plus de richesses que n’importe quel pays développé.

Hélas nous fait remarquer notre Grand Témoin, et même s’il fait remarquer que le Ghana, a connu un taux de croissance à 2 chiffres pendant cette période, « là comme ailleurs, le panier de la ménagère n’en a pas profité ».

corruption mondeAlors il faut bien se poser la question : pourquoi ? Pourquoi les responsables, même élus, se dépêchent à planquer leur argent en immeubles dans les capitales européennes, en placements Suisse ou d’autres paradis fiscaux ? L’extrait pour l’Afrique de la carte de la corruption par Transparency International qui vient de sortir est sur ce point trop éloquent. Nota: plus c’est rouge, plus c’est corrompu.

Pourquoi les élections y sont des mascarades quand elles ne tournent pas en tragédies ? Pourquoi une fois élus, trop, beaucoup trop de leurs dirigeants se muent en dictateurs entourés de leurs gardes, leurs coteries, leurs cours  ?

Avant d’oser avancer une supposition il faut balayer l’argument  qui refuse de considérer les Africains comme des adultes responsables : les scories de la colonisation. Quelques faits à rétablir sur le sujet :

  • Cela fait plus d’un demi-siècle et même plus que c’est fini. Pour beaucoup c’est même plus longtemps qu’elle n’a durée. Les élites ont ou auraient pu se former et les aides ont continué et continuent à affluer. 
  • Outre leurs apports indéniables en terme d’instruction et de santé, les colonisations ont même unifié et pacifié pour un temps des myriades de royaumes et principautés
  • La tradition de trafic des élites africaines est bien ancrée dans l’histoire au regard de la pratique ancestrale de l’esclavage entre eux que les historiens évaluent à 14 millions de personnes, contre 17 millions avec les Arabes et 11 millions vendus aux Européens dans les dernières périodes.

Hocapture1rs de question de justifier la concupiscence et l’inhumanité de la colonisation évidemment mais il faut arrêter de l’utiliser pour laisser perdurer une situation politique et humanitaire inadmissible.
Il faut le reconnaître et le dire à nos interlocuteurs africains : le temps n’est plus à vos royaumes tribaux. Et, si nous ne pouvons pas nous substituer à vos décisions et vos mobilisations pour vos peuples au lieu de vos enrichissement claniques, au moins nous avons le pouvons d’arrêter de déverser de l’argent sans garantie de bonne utilisation locale.

Rêve, utopie, naïveté ? Non, il existe des formes de coopération, qui misent, comme au Sahel, sur des organisations locales, de femmes en particulier et qui sont sans doute une voie qu’il faut développer à grande échelle.

Comme disait le Poète : la femme est l’avenir de l’Homme. C’est surtout vrai encore pour longtemps en Afrique où les hommes confisquent encore trop souvent la parole et imposent leur domination, avec leur sexualité, sans partage.

L’article de Jean Jules Lema Landu à l’origine de ce post est lisible en cliquant sur l’image si-dessous

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