Un appel certes utile mais bien aveugle et incomplet

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Le Monde du samedi 11 Avril dernier nous gratifie d’un appel signé de tout ce qui compte comme autorités religieuses, partis politiques, principaux syndicats connus pour leur humanisme.
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Le but affiché est naturellement louable. Le racisme et le risque génocidaire ne sont pas risques à traiter à la légère.
On ne peut donc que se féliciter de la coalition défensive ainsi réalisée.
Même si on peut regretter que le CRIF, organisation de défense bien taguée soit moins prompte pour réunir aussi ardemment les hommes et femmes de bonne volonté contre les violations continues, répétées malgré les condamnations multiples de la Communauté International et notamment de l’ONU, aux droits des peuples et des personnes de l’Etat d’Israël. Mais, de cette duplicité, soutien sans faille d’un côté, aveuglement et mutisme pour le sort des autres, on est, hélas, habitué.

On ne peut pas s’empêcher d’être davantage mal à l’aise par ce que cet appel sous-tend, évidemment : un appel à la vigilance justifié par la Bête qui rôde. Concrètement : tous ensemble pour condamner, on dit aujourd’hui plus facilement stigmatiser, le FN. Pourquoi ? Parce que cet empressement à se retrouver, en mettant en fronton la devise de la République, balaie d’un revers l’expression du scrutin démocratique.

Le FN a fait un score et ses élus ne sont pas moins légitimes que les autres. Et les échauffourées lors de leur installation sont tout aussi inadmissibles et condamnables que les fermetures de locaux et suppressions de subventions que certains d’entre eux se sont empressés de mettre en œuvre. Ils sont cependant élus et s’il faut se battre contre leur politique, il ne faut pas se tromper de combat. Sauf à vouloir dénier à près de 2 Français sur 10 en moyenne, le droit d’exercer librement son droit de vote.

Et surtout qu’on ne vienne pas, à ce point, brandir le manque d’information ou de discernement.
Un votant est naturellement un votant et se permettre de les hiérarchiser est, pour le coup, anti-démocratique.
La version politique en étant la fameuse conception de l’avant-garde éclairée marxiste-léniniste et sa suite de funèbre mémoire de dictature par ces auto-proclamés au nom de peuples qui l’ont payé par des millions de victimes.


Se liguer ainsi, à l’initiative de ceux-ci, de la part de ceux-là, laisse donc un mauvais goût dans la bouche.

Par contre, au moment où la situation du pays demande impérativement l’effort de tous, on ne peut que se féliciter de la bannière sous laquelle tous se rangent : les valeurs de la République.

C’est sûr que la Liberté et la Fraternité ne sont ni de droite ni de gauche. Seule l’Égalité peut faire la différence.

Mais une fois les deux premières réunies est-ce vraiment hors de portée de discuter où l’on y place le curseur ?

L’Appel qui reste à faire, et le plus tôt possible, c’est pour ce rassemblement.
A défaut de quoi, n’en doutons pas, c’est à une troïka venue de Bruxelles qu’il faudra nous plier, toute fierté cocardière rangée.

 

Crimée, Ukraine : A quoi sert de jouer à se faire peur ? Au profit de qui ?

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Rappel 1 : Pourquoi crier au rapt inadmissible de la Crimée alors qu'elle n'a jamais été que mongole, hongroise, ottomane ou russe, celle-ci l'ayant toujours considéré comme suffisamment vitale pour la défendre au prix de faire 700 000 morts et qu'elle n'est ukrainienne que depuis moins de 50 ans, en cadeau de cuite (sic) du fantasque Nikita Khrouchtchev.

extrait de la carte de l'Europe vers 1500. En cliquant dessus on peut l’agrandir. Pour les autres dates suivre le lien du paragraphe suivant.

Rappel 2 : Pourquoi s'indigner de l'organisation et des résultats d'un référendum en Crimée par les russophones alors que nous avons hardiment encouragé cette pratique ailleurs, par exemple pour le Kosovo à l'encontre de la Serbie et envisagé avec bienveillance pour la minorité kurde en Turquie ? Ce qui serait considéré comme légitime pour quitter l'orbite slave ne le serait pas en sens inverse, quand ces mêmes slaves eux-mêmes le souhaitent ?

Question 1 : Comme la Crimée, au nom de quoi les russophones de l'Est ukrainien devraient-ils même être privés de leur droit à se rattacher à leur culture d'origine ? Subsidiairement, les frontières de l'Ukraine actuelle plongent-elles tellement loin qu'y toucher aujourd'hui serait remettre en cause l'Europe historique de Charlemagne ?

Question 2 : Même réduite à sa seule partie Ouest, l'Ukraine est-elle une composante historique de l'Europe ? De l'an 400 au 20ème sicèle, les cartes sont bien loin de l'affirmer. Dit d'un autre point de vue, où s'arrête la construction européenne pour nos élites bruxelloises ? Subsidiairement, quelle équilibre faut-il tenir entre élargissement et approfondissement alors qu'on est encore incapable de se mettre d'accord sur les règles de dumping à l'intérieur du bloc UE actuel.

Interrogation 1 : Ces mêmes élites se précipitent pour signer des accords, bien sûr financiers, avec la nouvelle Ukraine. Que savons-vous du sérieux et même de l'honnêteté des (ex) nouveaux dirigeants de ce pays bien connu pour être gangrené par les mafias politiques à comptes dans les Îles Vierges ou ailleurs ? En période de restrictions affichée et de sévérité implacable de la Commission (les oukases sociaux en Grèce et en Espagne par exemple, le rattrapage in-extremis de l'aides aux Restos du Coeur...), est-il prioritaire de divertir des subsides pour gagner leur bienveillance ?

Gesticulations ? Jeu d'intimidation ? Car, rappelons-le, aucune nouvelle adhésion ne peut se faire sans unanimité des membres actuels et que la position de la France, sera, théoriquement, déterminé après référendum.

Bref, beaucoup de bruits qui sert à quoi ? A qui ?
La peur du Rouge fait-elle encore vendre les journaux et hebdomadaires ? Pas sûr.
Alors, quelles utilités pour ces grandes déclarations contre l'Ours relevé de ses cendres ?
Rénover une cohésion du bon vieux bloc d'antan pour faciliter les solidarités face aux méchants re-désignés ?
Possible. Encore faut-il que ce soit crédible.

Au total, c'est le Poutine abhorré en Occident qui gagne en popularité chez lui car il redonne à son pays la fierté perdue après des décennies de déconsidération.

On peut s'en offusquer selon nos critères de bienséance officielle. En tous cas, en termes d'échanges et de sécurité politique, rien ne dit qu'avec un interlocuteur plus sûr de lui nous devrions, nous à l'Ouest, y perdre en assurance ou en solidité. Le reste est de la mousse aussi vite retombée que fini de remuer.

 

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Les relations du travail s'amélioreraient-elles ?

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Dans Ouest France du vendredi 14 mars 2014

Commentaire complémentaire après coup

Le climat social se civiliserait-il effectivement ?
Côté salariés c'est sûr. Reste au camp patronal à sortir de ses préjugés archéos envers eux. C'est la différence avec l'Allemagne où, précisément, les patrons les considèrent suffisamment pour les intégrer dans les décisions d'investissement, de répartition de la VA et de l'optimisation des moyens.
En France c'est malheureusement ce 3ème élément qui leur est réservé. Et encore, une fois les décisions de licenciement prises.
Tant que ce comportement patronal durera nous n'irons, hélas, pas plus loin pour notre compétitivité.

Ukraine, Crimée, Russie et nous et nous et nous .....

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Attention, ce qui suit ne s’inscrit pas dans le politiquement correct bien-pensant

Mais réglons d'abord un préalable : Poutine n’est pas le genre à qui on ouvre sa porte sans prendre froid dans le dos.
Cependant, force est de reconnaître qu’il convient à une grande majorité de Russes, pas moins patriotes que nous, à qui il a rendu un peu de fierté après le naufrage du pays et de plusieurs de ses générations, qui se pensaient l’avenir du monde ….et de l’humanité.
Au moins il restaure une façade de force capable de suffisamment de nuisances pour être écoutée et même faire pièce à l’Étranger, comme la Syrie le démontre.

Il fait pareil en Crimée. Avec un soutien, soyons en sûr, de l’immense majorité du peuple russe et de ses satellites. Tout cela servi par deux éléments : l’histoire et les circonstances.

L’histoire d’abord : la Crimée n’a jamais été une terre ukrainienne claire et nette. D’ailleurs l’Ukraine elle-même est une entité qui a beaucoup bougé dans le passé, y compris récent, avec des attaches tantôt autrichiennes, polonaises, allemandes et russes bien sûr. Yalta l’a replacée dans le giron soviétique en 1945…sans la Crimée qui, elle, est resté une république autonome au sein de l’URSS.
Cette même Crimée qui avait déjà fait l’objet d’une guerre extrêmement meurtrière entre occidentaux et Russes autour des années 1850 avec quelques 750 000 morts par mi lesquels plus de 100 000 Français que la mémoire collective de notre pays n'évoque guère l’exception d’évocation comme le film Capitaine Conan ou celui sur l'épopée de Henri Dunan, créateur, dans cette boucherie, de la Croix Rouge.

Cette même Crimée, russe et soviétique, a été brusquement offerte en 1954 à l’Ukraine, encore soviétique alors, par Nikita Khrouchtchev, l’homme à la godasse à l’ONU, et, selon les chroniqueurs, à la suite d’un déjeuner bien arrosé. Lors de la « désoviétisation » des années 90’, profitant de la faiblesse de ladite Ukraine, la Crimée se fait un 1er référendum d’autonomie.
Depuis, entre les essais de reconstitution de l’empire russophone avec la Communauté des Etats Indépendants, l’ouverture de l’UE vers l’Est avec l’effondrement du bloc contrôlé par l’URSS, l’attraction exercée vers l’Ouest pour au moins une partie l’Ukraine, la Crimée a toujours oscillé.
Son statut de république indépendante dotée de sa propre constitution témoigne de cet équilibre précaire, séculaire, entre l’Est et l’Ouest, slaves et germaniques, orthodoxes et catholiques.

Elément renforçant ce clivage : la Russie a un besoin séculaire vital d’accès à la Mer Noire et la Méditerranée. La guerre de Crimée qui lui a coûté si cher visait déjà à le préserver. C’est cette exigence qui fait que Sébastopol est aujourd’hui la plus grande base navale russe, certes en location, mais pour 100 ans....

Là-dessus, les événements de Kiev mettent le feu. Ouvertement suralimenté par les partisans du rapprochement avec l’UE et avec une implication d’une extrême droite ultra nationaliste ouvertement anti russe sur laquelle l'Occident s'est montré peu curieux aux cours des évènements.
Moscou laisse plus ou moins faire jusqu’à la fin des JO de Sotchi mais dès que finis, met le holà sur ce qui lui importe le plus : la Crimée où elle a ses bases militaires et une population favorable.
Rebref, la dite Crimée est priée de « fixer » la situation par une onction populaire difficile à ignorer. Ce sera un référendum dont l’issue ne fait aucun doute.


Alors, crier à l’infamie ? Ce serait méconnaître tout le passé et les racines de ces régions et de leurs habitants.

Hurler à l’atteinte à la démocratie ? Impossible avec l’onction populaire du référendum qu’aucun démocrate ne peut, sérieusement, contredire.

Ce qui reste ? Se résoudre à la nouvelle partition. Reconnaître en maugréant que Poutine a bien joué.
Pour l’UE, payer pour les années d'errements et de corruption d'une Ukraine sans même être sûr que cela l’ancrera suffisamment.
Et enfin, perdre un peu de temps pour que les affaires reprennent, comme avant, avec la maison Russie.

 



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