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Et pendant les 3 semaines qui viennent ce sera "Impressions d'US de l'Ouest" avec, si possibles quelques
photos à l'appui qu'on pourra suivre aussi, si on le souhaite, par la page facebook ci-contre

A très bientôt donc
Précision : En cliquant sur chaque cartouche, on retrouve la page de présentation de l'organisation ou de l'organisme.
Président de la Commission européenne dans les années 80, Jacques
Delors ne s'est pas contenté d'être le père de l'euro. Humaniste convaincu, pour lui, l'économique n'a jamais été dissocié du social.
C'est pendant sa présidence et sur son incitation que patrons et syndicats ont pu commencer à se parler durablement au niveau européen. Les "dialogues de Val Duchesse " ont été féconds. Ils ont permis aux partenaires sociaux de se structurer pour négocier.
La Confédération Européenne des Syndicats lui doit d'avoir pu se bâtir en regroupant la totalité des organisations syndicales de tous les pays européens. Construction unique et inespérée dans un continent où, sauf au Nord, l'émiettement syndical pousse trop souvent à la surenchère et au découragement des salariés.
Les employeurs n'ont pas été en reste, mettant en place leur organisation.
Les deux parties étant engagées par la Commission d'alors à faire des relations professionnelles une part de la stratégie de renforcement de la cohésion et des politiques européennes.
Jacques Delors et son cabinet à la Commission, avec des pointures comme Pascal Lamy, y ont mis les moyens y compris financiers pour permettre aux partenaires sociaux d'avoir leurs propres organismes d'études et des outils d'analyses des réalités comme la Fondation de Dublin, vaste observatoire européen commun (oui, commun entre patronats et syndicats) des relations industrielles en Europe. C'est tout cela qui a donné le volet social du Traité de Maastricht.
Malgré cela la négociation sociale n'étant jamais une partie de plaisir et même si la concertation en a été facilitée, la confrontation des intérêts est toujours restée aussi vivace. La mécanique a cependant marché et porté des résultats très probants.
Depuis les années 90, plusieurs sujets et accords ont été conclus, du congé parental aux contrats à durée déterminé et nombreux textes conclus entre patronats et organisations syndicales sont devenus des directives européennes.
Au-delà, ce sont toutes les branches professionnelles qui se sont mis à se rencontrer et négocier, malgré les différences de culture et de système social des différents pays.
Mais depuis le début des années 2000 le paysage et les objectifs ont changé. La Commission ne pousse plus autant. Ce n'est hélas pas plus vrai au niveau des relations professionnelles que sur la fiscalité ou l'économie.
Sans volonté politique affirmée, il ne peut avoir d'avancée. On se contente, aux termes du "Processus de Lisbonne" de comparaisons, feignant de croire que montrer les évidences suffira à faire bouger les lignes.
Pour le reste on se contente de rester sur la lancée des années précédentes. Ce n'est pas rien comme on peut le voir en prenant connaissance des derniers développement des négociations dans le rapport sorti tous les ans par EIRO, l'Observatoire de la Fondation de Dublin, qu'on peut retrouver, dans son intégralité ici.
On le voit encore ces jours-ci. Après une année complète de négociation, les partenaires sociaux ont été incapables de s'entendre sur un texte minimal concernant le temps de travail hebdomadaire. Laissant ainsi, une nouvelle fois, les Britanniques utiliser leur "Opt Out", c'est à dire, le droit de ne pas respecter les décisions sorties des négociations sur le sujet.
Comme c'est trop souvent l'habitude maintenant à Bruxelles, la Commission réglementera a minima …et rien ne changera. Sur cet enjeu de l'Europe Sociale, comme pour les autres, il est urgent de marquer, pour l'UE, une réelle volonté comme a su le faire, à son époque, l'équipe Delors. Bref, on pourrait faire beaucoup ieux si on avait continué sur le rythme des Commissions précédentes l'ère Baruso.
On pourra trouver une série de liens sur les relations industrielles européennes générales, par secteurs professionnels et par pays, par ici
77 %
C'est le chiffre de la semaine : la proportion de Français de 18 ans et + interrogés qui sont favorables à la publication du patrimoine des élus.

De l'autre côté, étonnement, on a la quasi unanimité desdits élus. Mélanchon compris sur le fallacieux prétexte, repris cette fois en choeur uni, qu'il ne faudrait pas alimenter le voyeurisme et l'antiparlementarisme ni favoriser le populisme.
On n'est pas du genre, ici, à nourrir la démagogie. Mais il faut reconnaître que ce chiffre est terrible. Il montre le fossé entre le pays réel et les dérives de sa représentation.
Un espoir : que la publication de ce chiffre les ramène à la sagesse sinon à la vertu.
Fausse consolation : plus on est vieux, moins on y est favorable.

Surtout qu'ils ne s'y fient pas : les jeunes, qui rament également plus pour l'emploi et les revenus que leurs anciens, ont aussi plus de mémoire.
Sondage OpinionWay disponible par ici
Est considéré, comme travailleur pauvre, celui qui, malgré qu'ayant travaillé au moins 7 mois sur 12, n'a qu'un revenu du ménage inférieur à 60% du revenu médian national. En France revenu median était de à 1675 €/mois en 2010 selon les chiffres de l'INSEE parus en septembre 2012.
Sont considérés comme travailleurs à bas salaire, ceux qui gagnent moins des 2/3 du salaire horaire brut médian. En France, ledit salaire médian était, en 2010, à 1675 € net selon selon les chiffres INSEE publiés également de juin 2012. Ce qui nous mettait un niveau de travailleur à bas salaire à 8.82 € de l'heure soit environ 9.2 € bruts de l'heure.
Comme on le voit les chiffres nous mettent dans des zones très proches, propices à la confusion. En effet, si le travailleur pauvre a des chances d'être un travailleur à bas salaire, ce n'est pas un résultat automatique.
On peut effectivement gagner un salaire correct ...mais ne pouvoir que travailler peu.
Autrement dit, 2 éléments peuvent concourir à créer une situation de travailleur pauvre :
1/le niveau du salaire
2/le temps travaillé
Comme on peut s'en douter cependant, moins on est payé et plus on a de chances de tomber dans la catégorie des travailleurs pauvres.
Et bien sûr, si on cumule les 2, comme c'est souvent le cas au bas de l'échelle, pour certaines professions de main-d'oeuvre de services ou/et de catégories de salarié(e)s, alors c'est, si on ose dire, quasi gagné.

On peut voir, brutalement ci-contre, le seuil de salaire à partir duquel on est considéré comme mal payé par pays.
Comme on peut s'en rendre compte, la lecture du graphique tiré des chiffres d'Eurostat, fait très facilement comprendre les flux d'émigration et d'immigration des travailleurs au sein même de l'UE.
Pour peut avoir confirmation géographique du phénomène en regardant simplement la carte ci-dessous qui précise la proportion de travailleurs "victimes" de ce niveau de bas salaires.

On ne manquera pas de remarquer que la France, dans cet ensemble, est étonnamment, très bien placée. C'est en effet, chez nous qu'il y a la proportion la plus faible de travailleurs à bas salaires.
On ne peut s'empêcher de rapprocher cette réalité dont il faut se féliciter de :
- l'existence en France d'un mécanisme de salaire minimum revalorisé et applicable à tous les secteurs par décision politique régulière
- la réalité d'un système de couverture d'accords collectifs de travail et de salaires (les conventions collectives) qui concernent plus de 95% des salariés du secteur privé, c'est à dire les moins protégés sur le plan des salaires. On en rajoutera une couche pour rappeler que ce système, instauré aux lendemains de la Libération, est basé lui-même sur 2 éléments :
- le droit de négociation collective inscrit dans la Constitution de 1945
- ainsi que la règle de l' "extension" qui permet, par décret ou arrêté ministériel, d'étendre le bénéfice d'un accord signé par les organisations syndicales et patronales, à toutes les entreprises, signataires ou non de l'accord, après avis d'une Commission Nationale.
Voyons maintenant ci-dessous la réalité mesurée du risque de travailleur pauvre lorsqu'on la combine au temps partiel.
Comme on le voit, l'incidence temps de travail, si elle ne modifie pas l'ordre général des risques, montre qu'elle l'augmente, en particulier dans les pays, comme la France (risque plus que doublé), qui s'en tire mieux en restant dans le global, sans prise en compte du temps de travail.

On peut naturellement avoir une vue plus large du graphique en cliquant dessus.
Un dernier éclairage avant la route : la différence de risque de bas salaires Hommes Femmes dans quelques pays de l'UE, telle qu rapportée ici, reste, hélas, éclairante.
Elle renforce, on peut s'en douter, l'importance de l'impact des temps de travail incomplets qui touchent davantage les femmes, aussi, dans nos civilisations occidentales.

Bien sûr, si on travaille peu, on peut échapper à l'inexorable
chute vers la pauvreté : il suffit d'avoir un très bon salaire et le parachute doré est même, alors, recommandé.
Merci au Monde pour ses infograhies et à l'INSEE et Eurostat pour leurs chiffres.






