à Madame la Maire de Rennes

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Chère Nathalie, Non, non, ce n'est pas vous qu'il faut étriller.

D'abord parce qu'en pleine bourrasque ce n'est pas le moment. Ensuite parce que ce qui se passe à Rennes n'est, à 95%, pas de votre fait. C'est le résultat du pourrissement de la non-application des décisions de droit de NDDL dû à l'incapacité du Président, pourtant chef des Armées, à agir pour y faire respecter l'État de droit. Le squat s'ancre depuis des mois et y regroupe tous ceux qui, de France et d'ailleurs, ont des comptes à régler avec la société. L'impuissance du sommet de l'État atteint tous les niveaux des autorités locales et renforce l'impunité des occupants-casseurs. C'est leur base et ils essaiment.

A Rennes, ils ont trouvé un nouveau nid : Rennes2. Il est faux, comme on a pu le lire ici et là que Rennes a une tradition de violence. Jamais, ni en 36, ni en 68 ni depuis, il n'y a eu de débordements dans les manifestations. Sauf récemment, précisément dans cette université qui n'en est pas à sa première occupation-saccage. Le prétexte de la loi Travail y a été promptement utilisé par les agitateurs professionnels comme ce doctorant, rémunéré pour ses études, qui se vante d'être à la tête de ce mouvement, après le précédent il y a quelques années, et qui se fait même complaisamment interviewé, pose à l'appui, dans la presse nationale.

La transformer en ZAD2 n'a pas été un problème. L'incurie des dirigeants de Rennes2 ne date pas d'aujourd'hui. Elle ne tient pas aux personnes, elle est structurelle dans une organisation où les élections aux instances de direction sont verrouillées par les corporations d'apparatchiks syndicaux qui se protègent les uns des autres pour se perpétuer. Leur seule mobilisation depuis des années a été : "non au rapprochement avec Rennes1". Bien sûr, parce que là, il y a une direction et des obligations d'études. On voit d'ailleurs la différence dans les résultats.

Bref, Madame, avec cette seconde base, travaillée par le Zadistes plus les entristes de tous poils qui noyautent les fragments de syndicalisme étudiant vous avez de lourds handicaps à gérer. Pour les 5% restant, on peut considérer que vous n'avez fait qu'une seule erreur : croire naïvement que les organisations qui les hébergent respecteraient leurs promesses de quitter la Salle de la Cité comme juré, signé. On mettra cependant cet écart au compte des conseils de votre entourage influencé sans doute par des restes de passé post-soixante huitard.

Maintenant, il faut tenir bon Nathalie. "Cela suffit", comme disait un éditorialiste bien connu ces jours-ci. S'il vous plaît écoutez votre population plutôt que vos combinards de liste rabibochée. C'est beaucoup plus sûr pour votre avenir et le nôtre. Les Verts qui sont 225 en Bretagne ne représentent plus rien, les Communistes, qu'ils s'intitulent Union des Étudiants non plus et les profiteurs frondeurs disparaîtront dès que vous arrêterez de les alimenter.

Regardez ce qui s'est passé autour de nous. En Pays de Loire, le PS a cédé aux sirènes écolos et aux sangsues pour une union d'occasion. Il a largement perdu. En Bretagne notre ministre les a clairement rejetés. Dans la bonne tradition bretonne il est allé au combat avec ses propres forces. Nos forces. Il a gagné.

Alors n'hésitez pas, allons-y.

Avec deux actions prioritaires à programmer sans attendre : l'invalidation de la gouvernance de Rennes2 et sa fermeture pour réinscription sous égide d'une réelle autorité et le ferme soutien à une demande d'intervention sans délai contre les occupants illégaux de Notre Dame des Landes.


 

Non non vous ne vous trompez, nous sommes bien en 2016

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Et vous lisez également bien : C'est bien la déclaration, à la tribune de son congrès du secrétaire général de la CGT.
C'est également sa photo, et celle de sa garde rapprochée à la clôture en avril 2016.

"Notre ligne, elle est claire, c'est contester, proposer, rassembler et mobiliser".

Poing levé et vibrant l'Internationale comme au bon vieux temps. Pour accompagner ce slogan extraordinairement constructif comme on peut le lire.

Il y a un peu plus de 100 ans, la CGT d'alors sortait de son bunker anarchiste, revendiquant ouvertement la guerre civile et le renversement de la société démocratique à peine installée.

C'est à ces moments qu'elle appelait à rejeter tout accord de protection sociale car ils risquaient de rendre le capitalisme supportable et donc de détourner de la nécessité de l'insurrection pour la révolution.

C'est alors que son secrétaire général appelait, à la tribune de son congrès au sabotage des matériels et des usines et à la grève générale insurrectionnelle.

Tout cela peut se retrouver très facilement dans n'importe quel site d'historique social un tant soit peu sérieux.


Depuis cette période il n'y a pas eu qu'un coma amnésique. La CGT a eu des moments de collaboration et de construction de notre société : sa participation à l'Union Sacrée de 1914 même si elle fut brève, son unité d'action avec les autres syndicats, notamment chrétiens dans les années 30, une véritable communion avec le peuple à la suite de la contribution à la mise en place, enfin, de la sécurité sociale puis des régimes de retraites.

Hélas, la chape communiste a bien glacié tout cela pendant des décennies. La faillite puis l'effondrement de l'URSS et de ses satellites de l'Est, ont amené une ouverture que Louis Viannet puis Bernard Thibault ont honnêtement tentée.

Beaucoup l'espéraient et l'ont encouragé. J'en fus. Car faisant partie de ceux qui considèrent que ses troupes sont beaucoup moins fermées que son encadrement professionnel à la réalité des rapports sociaux. Et que, si on pense que le progrès social est lié à la négociation, l'équilibre qu'elle requiert exige de rapprocher plutôt que de diviser les forces syndicales.

Re-hélas, Le Paon passa par là et pour se refaire une virginité Martinez fut appelé. Et comme souvent, en pareille difficulté, que fait-on ? On revient aux bonnes vieilles recettes du passé. Avec les bonnes vieilles troupes toujours disponibles pour nous suivre, d'autant qu'elles sont de plus en pus constituées par des salariés fonctionnaires qui ne risquent rien statutairement.

Alors on remet ça. Ça marche sur le moment, c'est sûr. Au moins pour ceux qui sont là. Le chœur est enthousiaste. Mais ça donne envie à qui de les rejoindre sinon qu'aux nostalgiques des périodes passées ?

Cégétistes, au lieu de vous faire des petits plaisirs à ressasser et finir par mourir isolés, ressaisissez vous.
Pour avancer, les salariés, les entreprises, la nation du 21ème siècle, ouverte irrémédiablement sur le monde, vous disent qu'ils n'ont pas seulement besoin de votre force de contestation mais tout autant de vos capacités de coopération.

Retraites : Quand l'info ne fait pas son boulot ça n'arrange rien ni personne

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Le déficit des retraites est abyssal.


Le COR alerte depuis des années, les médias répercutent. Sans se priver de demander quand ça s'arrêtera en adjurant politiques et syndicaux de prendre leurs responsabilités par rapport à une dette qu'ils rappellent, à juste titre, insupportable et immorale pour les générations futures comme pour l'équilibre budgétaire du pays.

Quand après des mois de négociations, ces mêmes partenaires sociaux parviennent à un accord qui répond à ces exigences, les mêmes infos de 30 secondes à une minute et les mêmes gros titres déclament des chiffres à faire dresser les cheveux sur la tête du retraité moyen.

Annoncer et conclure l'info, comme France3 l'a fait de la façon la plus caricaturale, sur 18% de baisse de la pension et donner complaisamment la parole au représentant des "non" alors que la tête de file des "oui" signataires, rappelons-le, majoritaires, de l'accord, n'a aucune possibilité d'expliquer en 15 secondes chrono la vérité des chiffres.

Au-delà de la critique du journalisme du sensationnel au détriment de sa mission pédagogique, il faut regretter que ce traitement partiel et partial de l'information n'aide pas à comprendre les blocages de notre société ni les pannes de notre économie.

Pourquoi continuer à occulter sur la réalité et la légitimité que les retraités, aujourd'hui, en moyenne, ont un niveau de vie supérieur à celui des actifs comme le dernier rapport du COR le rappelle. Et qu'alors que les Français sont est déjà champions du monde de l'épargne avec 17% du PIB en moyenne sous les matelas, les retraités, eux, montent à 25%.

Est-ce à dire qu'ils touchent trop et qu'ils font donc les raboter ?
Pas du tout, car, il faut le rappeler, il s'agit toujours de moyenne et il y a encore beaucoup de situations difficiles là aussi.

Mais cela devrait quand même amener ceux qui sont responsables de la formation de l'opinion publique à plus de mesure et, surtout à mettre en rapport les efforts demandés ici avec ceux qui sont supportés par l'ensemble des autres catégories de la population.

Les jeunes notamment qui paient le prix fort en termes d'emploi notamment par manque d'investissement, c'est à dire par défaut de remise dans le circuit de production de disponibilités financières qui, autrement, partent s'abriter à Panama via assurance-vie et autres livrets pour y spéculer ensuite en toute impunité.

Va-t-on vers des élections législatives anticipées ?

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Quoi qu'on en pense la loi El Khomri est un abcès de fixation qui s'envenime chaque jour un peu plus.
Les jeunes y ont trouvé un terrain d'affirmation ado magnifiquement relayé par les médias et fourni une occasion en or aux radicaux de tous bords pour leurs stratégies permanentes d'affrontements.
Si le gouvernement s'obstine, il continue à leur offrir ce terrain de jeux. Le printemps qui arrive est une période propice aux bourgeonnements, aux éclosions et aux éclatements de toutes natures.
En plus, CGT, FO et Sud et quelques autres immobilistes, y trouvent l'occasion de grossir leurs rangs et d'y assimiler leurs revendications catégorielles.

La mayonnaise peut prendre pour un mouvement, certes disparate mais compact, avec comme dénominateur commun le blocage de la vie parlementaire et sa mise en échec dans la gestion du pays.
Même si d'aventure E. Valls décide de prendre de vitesse la mobilisation grandissante et d'aller au bout, aurait-il une majorité pour voter son texte ? Rien de moins sûr avec le minage quotidien et la défection de plus en plus ouverte de ses opposants internes. Et derechef, une autre impasse : que se passe-t-il alors avec un Valls encore une fois battu sur un texte où il s'est pleinement engagé, sans être capable d'aboutir ? On le voit mal pouvoir se maintenir. Pas plus que son gouvernement car le sacrifice de quelques ministres ne suffira pas.

S'il s'accrochait quand même, on se retrouverait avec 2 reculs ou échecs majeurs en quelques semaines : révision constitutionnelle et loi Khomri. Sans compter les tergiversations sur Notre Dame des Landes, avec, au bout, la menace réelle d'un nouveau retrait, c’est-à-dire d'un 3ème recul, par incapacité de s'imposer, du pouvoir en place. Sans parler de l'effilochage dramatique de l'autorité du Chef de l'État, quelle crédibilité et capacité d'action resterait-il au gouvernement dans le quotidien ?
Car n'en doutons pas, si le gouvernement cale encore, pourquoi ses adversaires, politiques et sociaux, s'arrêteraient-ils en si bon chemin ? Avec quels moyens pourrait-il s'y opposer ?

C'est dans ce contexte et cette ambiance qu'il faudrait encore tenir une année. Possible ? On voit mal comment sinon en amplifiant une situation de faiblesse propice à tous les coups de force, avec de moins en moins de capacités de réponse.
Une situation intenable pour la sécurité du pays et de ses citoyens.
Pour toutes ces raisons, non seulement la question de nouvelles élections se pose en vue de légitimer une nouvelle autorité, mais elle s'impose si on ne veut pas livrer le pays à l'aventure.

Parions que bien d'autres voix la réclameront et cela, sans tarder maintenant.

change.org OU comment profiter de la bonne foi militante pour le business

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Une éolienne tout près de chez vous, un compteur suspect, un projet gouvernemental qui ne plaît pas, un médicament qui n'a pas eu l'effet escompté, un fournisseur, une administration qui ne vous a pas satisfait, la solution est là : la pétition par internet.
Le site change.org vous accueille et se présente donc comme "la plateforme mondiale pour le changement". Pas moins.

Quel changement ? Dans quel sens ? N'importe, c'est vous qui le dites et qui le faites. L'important c'est d'attirer du monde, de recueillir des adresses e-mails, des cookies, c’est-à-dire des préférences liées. A partir de là on a ce qu'il faut pour exploiter la masse d'informations que n'importe quel pétitionnaire refuserait avec des hauts cris à son fournisseur d'accès ou à l'organisme officiel chargé de sa sécurité. Pensez donc…des infos persos, aussi sensibles, livrées à tout le monde sans contrôle, sans savoir où ça va ni comment c'est utilisé.

C'est le filon du site de la multinationale change.org où travaillent, derrière les signataires, des professionnels de l'exploitation de la com, du marketing. Pour plus d'infos sur le fonctionnement de ce site à qui on confie sa signature, on peut lire avec intérêt cet article de rue89 en suivant ce lien lc.cx/4n3b
Côté opérationnel c'est le règne du chiffre brut de décoffrage. Plus il est important et plus c'est spectaculaire, donc titrable. Au détriment de la mise en perspective avec le sujet et sa population potentielle concernée.

Une illustration récente et criante en France : la pétition contre le projet de loi de réforme du droit du travail. Extraordinaire, évènement énorme selon la plupart des médias, et même des plus sérieux journalistes peuvent s’y laisser prendre. Vous rendez-vous compte : plus d'1 million de signatures en ligne. Avec cependant un minimum de mise en comparaison, on pourrait se rendre compte que, même multiplié par deux on n'atteint même pas le nombre de titulaires d'une carte d'adhésion syndicale de ceux qui protestent sur le sujet, sans compter leurs retraités, amis et autres signataires par envoi de carnets d'adresses entiers. Encore plus loin des 23 millions de salariés actifs, du pays. Et, bien entendu, avec toutes les imprécisions, approximations ….ou davantage que permet la signature informatisée dont la seule limite est le nombre de patronymes et d'adresses qu'on a à sa disposition.

Avec une pétition présentée par quelqu'un qui va solliciter la signature d'un autre, les risques de signature de complaisance, sans engagement réel, existent mais restent largement moindre.

Par contre il faut le reconnaître, le militantisme du clic est non seulement paresseux mais également dangereux. Il faut le savoir et le dire, la pétition électronique, c'est le degré zéro de l'engagement politique. C'est alimenter sans vergogne les risques de fichages généralisés. C'est enfin le dernier avatar du businessworld pour exploiter la bonne foi et la crédulité de tout un chacun toujours prêt à s’engager pour une cause ou une autre.

 

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